Version 2.3 du 3 juillet 2026. Ce document décrit, composante par composante, comment le score 0-100 est calculé, sur quelle littérature chaque règle s'appuie, et les choix que nous avons faits quand les experts se contredisent.
Le score MorningBell est un composite technique 0-100 inspiré du SCTR de StockCharts (méthodologie John Murphy), des méthodes de Mark Minervini (SEPA, double champion US Investing Championship), de Stan Weinstein (analyse par stades), de William O'Neil (CAN SLIM, fondateur d'Investor's Business Daily) et de la recherche académique sur le momentum. Il répond à une question simple : la configuration technique de cette valeur est-elle favorable ?
Un principe structure tout le système : on sépare la qualité du titre (sa tendance, sa force relative) de la qualité du moment (est-ce le bon point d'entrée ?). C'est la doctrine commune d'O'Neil, Minervini et Kristjan Kullamägi (Qullamaggie) : un titre étendu au-dessus de ses moyennes mobiles reste un bon titre, mais c'est un mauvais achat aujourd'hui. Le score mesure la qualité du titre ; et comme la vraie question de MorningBell est "est-ce le moment ?", la réponse est affichée en une ligne sous le score : la Fenêtre d'achat.
Quatre composantes pondérées forment le score :
| Composante | Poids | Ce qu'elle mesure | Références principales |
|---|---|---|---|
| Tendance LT | 45% | Direction vs SMA200 + proximité du plus haut 52 semaines | Minervini, Weinstein, SCTR, George & Hwang |
| Momentum | 30% | Force relative 12 mois (hors dernier mois) vs S&P 500 | Jegadeesh & Titman, IBD RS |
| Point d'entrée | 15% | Extension vs SMA50 normalisée par la volatilité (ATR) | Deepvue, Webby's RSI, StratLab |
| Volume | 10% | Confirmation du mouvement par la participation | O'Neil, IBD Accumulation/Distribution |
À titre de comparaison, le SCTR pondère 60% long terme, 30% moyen terme et 10% court terme, et ne contient ni volume ni pénalité d'étirement : c'est un pur score de force. Nous assumons de nous en écarter en intégrant une composante de timing (le point d'entrée), précisément parce que MorningBell s'adresse à des investisseurs particuliers qui se demandent "est-ce le moment ?", pas seulement "est-ce fort ?".
Enfin, l'IA qui rédige les synthèses n'a aucun droit de modifier le score ou le label. Le verdict affiché est toujours celui de l'algorithme ; l'IA exprime ses nuances dans le texte. Cette règle garantit que le widget, le screener, la sidebar et les emails racontent tous la même histoire.
La moyenne mobile simple à 200 jours est le filtre de tendance le plus consensuel de la littérature. Chez Stan Weinstein (Secrets For Profiting in Bull and Bear Markets, 1988), une action au-dessus d'une moyenne longue ascendante est en "Stage 2", la seule phase où il accepte d'acheter. Chez Minervini, les critères 1 à 5 de son Trend Template exigent un prix au-dessus des SMA150 et SMA200, elles-mêmes ordonnées et ascendantes. Le SCTR de StockCharts donne à lui seul 30% du score total à la position au-dessus ou en dessous de l'EMA200. Mebane Faber (A Quantitative Approach to Tactical Asset Allocation, 2007) a montré qu'un simple filtre de moyenne mobile 10 mois divisait par plus d'un tiers le drawdown maximal d'un portefeuille actions sur un siècle de données.
C'est l'un des résultats les plus solides de la finance académique : George et Hwang (The 52-Week High and Momentum Investing, Journal of Finance, 2004) ont montré que la proximité du plus haut 52 semaines prédit mieux les rendements futurs que le momentum passé lui-même. L'explication comportementale : les investisseurs sous-réagissent près des sommets (effet d'ancrage), ce qui crée une dérive haussière persistante. Ce critère est aussi le numéro 7 du Trend Template de Minervini (être à moins de 25% de son plus haut 52 semaines) et un ingrédient du Composite Rating d'IBD.
Le momentum est le facteur technique le mieux validé académiquement. Jegadeesh et Titman (Returns to Buying Winners and Selling Losers, Journal of Finance, 1993) ont montré que les titres qui ont surperformé sur 3 à 12 mois continuent en moyenne de surperformer. La convention académique standard, dite "12-1", mesure la performance sur 12 mois en excluant le dernier mois, car le dernier mois est dominé par un effet inverse de retour à la moyenne (le "short-term reversal"). Ce facteur, répliqué sur des décennies et des dizaines de marchés (facteur UMD de la bibliothèque Fama-French), reste l'anomalie la plus robuste de la littérature.
MorningBell mesure donc : performance de la valeur sur 12 mois hors dernier mois, MOINS la même performance du S&P 500. C'est une force RELATIVE : faire +10% quand le marché fait +30% n'a rien d'un leadership. L'idée de noter la force relative est aussi le coeur du RS Rating d'IBD (percentile 1-99, seuil d'achat courant >= 80), utilisé par tous les traders de l'école O'Neil.
Mesurer l'étirement d'un titre en pourcentage fixe au-dessus d'une moyenne mobile est trompeur : être 15% au-dessus de la SMA50 est extrême pour une action qui bouge de 1,5% par jour, banal pour une action qui bouge de 5%. La mesure professionnelle normalise la distance par l'ATR (Average True Range, J. Welles Wilder, New Concepts in Technical Trading Systems, 1978), c'est-à-dire en "nombre de journées moyennes de mouvement". C'est le principe de l'ATR Multiple de Deepvue (popularisé par Jeff Sun, lignes de référence à 7 et 10 ATR au-dessus de la SMA50) et du backtest StratLab (environ 2700 titres sur 5 ans) qui situe le seuil des 3 écarts-types à environ 7,5-8 ATR pour la SMA50.
Une seule ancre ne suffit pas. Le backtest StratLab a montré qu'un titre peut être à 3 écarts-types de son EMA10 tout en restant sous 1 écart-type de sa SMA50 : la SMA50 seule rate l'étirement des cassures violentes (le cas typique : +11% en une semaine juste au-dessus de la SMA50). C'est exactement ce que mesure le Webby's RSI de Mike Webster (ancien gérant de portefeuille de William O'Neil chez O'Neil + Co) : la distance entre le PLUS BAS du jour et l'EMA21, en pourcentage dans la version 1 (0,5-2% sain, 4% alerte, 6% rouge) et en multiples d'ATR dans la version 2.0 (étiré à partir de 3).
Conséquence opérationnelle, fidèle à la doctrine : quand une valeur passe en Signal fort mais que le point d'entrée est mauvais (une ancre extrême, les deux ancres étirées, ou plus de 5 ATR au-dessus de la SMA50), MorningBell n'envoie PAS d'alerte d'achat et n'ouvre pas de position dans le track record. Le titre est traité en "watchlist : attendre le repli". O'Neil interdit d'acheter à plus de 5% au-dessus du point de cassure ; Minervini et Qullamaggie attendent le retour vers les moyennes courtes ou une consolidation. Un bon titre au mauvais moment n'est pas un signal.
Le volume est la jauge de conviction des mouvements. Chez O'Neil, une cassure valable doit se faire sur un volume supérieur d'au moins 40 à 50% à sa moyenne des 50 derniers jours ; IBD note l'accumulation et la distribution des fonds institutionnels sur 13 semaines (rating A à E). Un mouvement de prix sans volume est suspect : les professionnels n'y participent pas.
Le Relative Strength Index (Wilder, 1978) a fait partie du score jusqu'au 2 juillet 2026, avec un poids de 10%. Nous l'avons retiré, pour trois raisons alignées sur la littérature. D'abord la redondance : le RSI et l'extension ATR mesurent la même chose, un excès de prix à court terme ; garder les deux revenait à compter le même phénomène deux fois. Ensuite la science : dans un cadre de suivi de tendance, le RSI n'a pas de pouvoir prédictif documenté ; le SCTR de StockCharts ne lui accordait que 5% de son score, et les seules stratégies RSI validées par des backtests sérieux (Connors) utilisent un RSI 2 jours en retour à la moyenne, un usage sans rapport avec le nôtre. Enfin la simplicité : un moteur à 4 composantes lisibles vaut mieux qu'un moteur à 5 dont une fait doublon.
Le RSI(14) reste affiché sur chaque fiche et commenté dans les synthèses comme indicateur de contexte (avec un vocabulaire strict : "surachat" interdit sous 70, "survente" interdit au-dessus de 30). Il ne pèse simplement plus dans la note. Son ancien poids a été redistribué vers ce qui est le mieux documenté : la tendance (45%) et la force relative (30%), conformément à la hiérarchie du SCTR (60% long terme, 30% moyen terme, 10% court terme : la tendance longue est la force dominante).
"Trois actions sur quatre suivent la direction du marché général" : ce constat d'O'Neil fonde la règle M de CAN SLIM et justifie qu'un score individuel soit modulé par l'état du marché. Les références convergent sur l'idée, pas sur la mécanique : Faber (2007) est binaire (investi au-dessus de la moyenne 10 mois, cash en dessous) ; IBD Market Pulse a trois états d'exposition (Confirmed uptrend, Uptrend under pressure, Market in correction) pilotés par les jours de distribution (une baisse d'au moins 0,2% sur volume en hausse ; 4 à 6 en 25 séances signalent un sommet) et le follow-through day pour confirmer les reprises ; Qullamaggie utilise un feu tricolore simple sur les EMA10 et EMA20 de l'indice ("Breakouts don't exist in a falling market").
Le MACD (Gerald Appel, années 1970 ; paramètres standards 12, 26, 9) et son histogramme (Thomas Aspray, 1986, conçu pour anticiper les croisements de la ligne de signal) sont volontairement HORS du score. La raison est documentée par le travail primé d'Alex Spiroglou (MACD-V, Charles H. Dow Award 2022) : le MACD brut est exprimé en unités de prix, donc incomparable d'un titre à l'autre ; l'intégrer tel quel dans un score de classement serait mathématiquement invalide. Le MACD sert donc uniquement d'indicateur de TIMING dans la synthèse, à la manière du premier écran du Triple Screen d'Alexander Elder (Trading for a Living, 1993), qui lit la pente de l'histogramme MACD hebdomadaire comme la "marée" du marché.
Nous découpons l'histogramme hebdomadaire en 4 phases : vert foncé (positif et croissant : momentum haussier plein), vert clair (positif mais décroissant : essoufflement), rouge foncé (négatif et s'enfonçant : attendre), rouge clair (négatif mais remontant : le retournement se prépare). Elder écrit que les meilleurs signaux d'achat de l'histogramme surviennent précisément sous la ligne zéro quand la pente se retourne à la hausse. Garde-fou important, hérité de son propre Impulse System et du scan officiel StockCharts : cette phase "rouge clair" n'est traitée comme favorable QUE si le prix est au-dessus de sa SMA200. Sous la SMA200, c'est du contre-tendance sur un indicateur dérivé, et la synthèse la présente comme une simple stabilisation à surveiller.
Le Supertrend (Olivier Seban ; paramètres standards ATR 10, multiplicateur 3) colore le graphique hebdomadaire en tendance haussière ou baissière. Il est lui aussi hors score : c'est un outil de visualisation et de stop suiveur, connu pour ses faux signaux en marché sans tendance, et il ne doit jamais être utilisé seul.
Chaque fiche affiche un stop-loss suggéré construit en trois temps : un plancher de volatilité à 2 ATR hebdomadaires sous le cours (l'ATR étant la "respiration" normale du titre, un stop plus serré serait touché par le simple bruit), un plafond absolu à -15%, et un ajustement intelligent juste sous le meilleur support détecté (supports et résistances par regroupement de pivots, ligne Supertrend, SMA50, SMA200, plus bas 20 jours).
Une publication de résultats est un événement binaire : le titre peut s'écarter de 8 à 10% dans un sens ou dans l'autre en une séance, quel que soit le graphique. Le consensus des praticiens est net : pas de nouvelle position pleine à quelques jours des résultats (Mike Cintolo, Cabot : demi-position maximum sous deux semaines ; "il n'y a pas d'edge, c'est un pile ou face") ; Minervini compare le mouvement anticipé par les options à son coussin de gain avant de décider de tenir ; Deepvue formalise le coussin nécessaire pour traverser une publication (20% de gain ou plus).
Les labels. Signal fort (80-100), Signal modéré (60-79), Neutre (40-59), Retournement (20-39), Défavorable (0-19). Ces paliers sont une convention interne, choisie pour la lisibilité. Les systèmes de référence (SCTR, ratings IBD) utilisent des rangs percentiles au sein d'un univers, pas des seuils absolus ; un affichage du rang de chaque valeur au sein de l'univers MorningBell est à l'étude en complément.
Le rôle de l'IA. Les synthèses sont rédigées par les modèles Claude d'Anthropic à partir des données collectées (prix, indicateurs, résultats, actualités, marchés prédictifs Polymarket, contexte macro). Des règles strictes encadrent la rédaction : interdiction de modifier le label du score, interdiction d'inventer un chiffre absent des données, vocabulaire technique contraint (seuils RSI, phases MACD), aucune formulation prescriptive (conformité AMF : pas de "achetez", pas d'objectif de cours ferme, pas de "sous-évalué").
Le track record. Les Signal fort ouvrent des positions virtuelles horodatées (sauf blocage extension, earnings ou correction), avec stop à -8% et sortie sur perte du signal. Il sert à mesurer honnêtement la qualité des signaux dans le temps.
Les limites, sans détour. Aucun score technique ne prédit l'avenir : le momentum connaît des krachs violents (2009), les filtres de régime coûtent de la performance dans les marchés en dents de scie, et un composite reste une opinion chiffrée sur le passé récent. Le score ne connaît ni votre horizon, ni votre fiscalité, ni votre tolérance au risque. Il est conçu comme un point de départ d'analyse, pas comme une décision.